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[D2 féminines] Patrick ROBERT fixe le cap


C'est la semaine de reprise pour l'équipe première féminine du LOSC, reléguée en fin de saison dernière, mais qui n'a pas l'intention de végéter longtemps à l'étage en dessous. Patrick ROBERT ne met pas la pression à son entraîneuse, Rachel SAIDI, qu'il a maintenue en poste sans hésitation. Mais un retour rapide dans l'élite semble bien ancré dans toutes les têtes. Entretien... . 

 

Ah, la descente…Rachel Saïdi arrivée trop tard mais...

« J’ai ma part de responsabilité dans la descente. j’ai choisi l’ancien entraîneur et j’ai sans doute trop tarder pour m’en séparer.

J’ai pleine confiance dans Rachel et son staff. Elle a su remobiliser le groupe la saison dernière. La prolonger était naturelle. Mais c’est elle qui a décidé . Elle avait la possibilité de se mettre à l’abri. Mais cela me paraissait logique. »

 

Une nouvelle saison et un nouveau cycle…

 « On est à l’orée d’un nouveau cycle. On termine quatre ans dans le prolongement de la fusion avec Templemars - Vendeville avec une montée héroïque en D1 et deux années difficiles qui nous ont montrés que l’on était un peu juste.  »

 

 

La jeunesse, un objectif assumé..

« 8 jeunes montent des U19 dans un groupe déjà très jeune avec quatre Lilloises dans le groupe qui a obtenu le titre européen U19 (équipe avec le plus fort contingent)

Le titre européen nous a fait plaisir. Car à part, Emeline Saint-Georges qui arrive, Julie Dufour, Maïté Boucly, Mary Innebeer sont de purs produits de la formation.

Le titre européen en U19 nous a mis un coup de projecteur très utile. Le gène du LOSC reste la formation, chez les filles comme chez les garçons. »

 

Avec le soutien du club...

« On a le soutien du club, un budget de 900 000 euros (1 100 000 eur os en D1, NDLR). A titre de comparaison, j’ai rencontré mon homologue niçois qui a un budget de 200 000 euros.

En D2, on n’a droit qu’à cinq contrats fédéraux. Il faut se débrouiller pour le reste. On essaie de proposer aux filles un projet de reconversion, un projet professionnel. »

 

 

Et un objectif à court et moyen terme...

 « Je ne leur ai pas dit, monter, plutôt faites vous plaisir, donner le maximum.

Je ne veux pas mettre la pression. Remonter serait formidable mais l’objectif est d’abord de jouer les premiers rôles, de montrer la qualité de notre formation.

La vocation du LOSC n’est pas de rester en division 2 ni de jouer pour le maintien. Il s’agit de se caler juste derrière les cadors.

Il faut qu’on soit dans le coup. Mais il y aura des adversaires comme Saint Etienne qui n’est pas passé loin de la montée.

 

Mais la FFF n’aide pas beaucoup…

« Il y aura deux groupes en division 2. Lille est dans le groupe B. La FFF n’a pas tenu compte de la répartition géographique

On dit qu’il faut développer le football féminin mais il faut nous donner les moyens. Aller jouer au Havre, à Nancy au maximum. Là, on va devoir aller à Grenoble, Saint Etienne, Nice…

Quand on descend, on se dit qu’on va faire des économies dans les déplacements. Et là...J’ai rencontré mon homologue niçois qui se demande comment il va faire pour aller à Amiens, Arras, à Lille. On n’est pas trop aidé par la Fédération. J’ai écrit à la FFF qui m’a répondu en trois lignes. « Circulez, n’a rien à voir. »

Ce que je déplore dans les groupes, outre les longs déplacements, c’est les matchs le dimanche. Avec des filles qui travaillent ou étudient, c’est compliqué pour reprendre le lundi. »

 

 

Et l’avenir...Le foot féminin doit introduire une dimension économique...

 « Le recrutement a été intelligent, de valeur. On entre dans une phase où le football entre dans une nouvelle dimension. Cela nous a permis d’attirer quelques partenaires privés.

Mais, en D1 comme en D2, il faut absolument un projet économique pour que le football féminin se développe. On est à des années lumières du football masculin. Il faut que les clubs puissent vivre.

Les clubs doivent s’y mettre et Gérard Lopez fait ce qu’il faut même mais il attend les recettes, également les médias notamment, les télés, et la FFF.

 

Il faut faire en sorte que notre section devienne un poste de profit et non de dépenses. Pour le moment, il n’y a aucune recette pour couvrir nos dépenses. On a commencé à prospecter certains partenaires commerciaux. On n’en est qu’au début.

Certes, les filles sont épatées par Luchin et ce qu’elles voient au Stadium. Mais tous les clubs ne sont pas dans la même situation.

Notre premier match amical, C’est à Portsmouth. Ce club nous a contactés. Mais j’ai peur. Le football anglais est développé. Ils ont des stades de 20 000 places. On est dans une autre dimension. »

 

Merci à Patrick ROBERT, président de LOSC Association et de LOSC féminines

 

Propos recueillis par Stéphane HELBECQUE

 

A noter...

La D2 féminine s’entraînera et évoluera au Stadium avec une tribune et un lieu de vie qui devraient être opérationnels en début d’année prochaine.