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[FORMATION] Jean-Michel VANDAMME : "Une saison de transition à la formation"


Revenu au LOSC en avril 2021, à la demande d’Olivier Létang, après avoir quitté le club trois ans plus tôt, Jean-Michel Vandamme vient de clore sa première saison en tant que manager général du centre de formation. Il nous en dresse le bilan sans oublier de parler avenir…

UN GROS CHANTIER

Jean-Michel Vandamme, c’est 45 ans au LOSC, quasiment toujours à la formation. L’homme connaît le sujet, on s’en doute. A bientôt 63 ans, il les aura en novembre prochain, on pourrait le croire blaser et enfermer dans ses certitudes. C’est tout le contraire. On a trouvé un dirigeant enthousiaste, connaissant son sujet sur le bout des doigts, et pour cause, et combatif même si les obstacles ont été nombreux.

« Je savais, à la base, que cela n’allait pas être facile, car il y avait beaucoup de choses qu’il fallait remettre en place. On a travaillé comme des fous. »




UNE SAISON DE TRANSITION

« Cela a été une saison de transition et du transfert d’une méthodologie à une autre. J’espère pouvoir aller plus loin dans la mise en place de notre nouvelle méthodologie. Elle a été validée par le club et Olivier Létang et par Adrien Tarrascon, responsable du développement individuel des pros et à la formation.

J’aurai préféré pouvoir aller encore plus vite. Il y a eu certains freins qui nous en ont empêché. c’est mon seul regret. »



MAIS NON TOTALEMENT ABOUTIE

« Dans l’ensemble, les U17, les U19 et la N3 ont fait une belle saison, avec les U17 en phase finale du championnat de France. Durant quelques mois, en début de saison, on est premiers dans ces catégories.

On avait alors laisser les jeunes dans leur catégorie avant de les surclasser. Des choix ont été faits.

Si on avait été équilibré aux différents postes, on n’aurait pas souffert comme on a souffert. Dans le jeu, on était cohérent mais on ne marquait pas de but. Il y a des raisons diverses (avec les absences pour différentes raisons de Badredine Bouanani, Amine Messoussa ou José Bica ndlr). »



AVEC UN CHANGEMENT DE METHODOLOGIE

« Ce qui était travaillé ici, c’était la périodisation tactique (la préparation se fait toujours avec ballon entre autres principes ndlr). C’est un principe plutôt intéressant et que je respecte. Dans ce modèle, il y a plein de choses que j’utilisais et que j’utilise encore dans mon approche. La seule chose qui était, pour moi, différente, est que, quand on fait de la périodisation tactique, on s’adresse plutôt à un collectif alors que moi je veux m’adresser aux joueurs. »

Jean Michel Vandamme insiste. Pour lui, il y a une différence entre les approches chez les pros et chez les jeunes.

« Chez les pros, tout doit être basé sur les résultats de l’équipe. A la formation, tout doit être basé sur le développement des joueurs. En pro, tu dois gagner des matchs, sinon tu ne fais pas bien tout boulot. A la formation, tu dois apprendre ton métier tout en se rapprochant des attentes du secteur pro. »

C’est la raison pour laquelle le responsable du centre de formation lillois ne voit pas de contradiction entre la périodisation tactique, méthodologie plus adaptée au jeu collectif, et une approche plus individuelle dans un centre de formation.



ET UN CHANGEMENT DE PHILOSOPHIE

« Avant, le match était protégé car les éducateurs avaient l’impression d’être évalués sur les résultats. On a été obligé de changer le discours », explique Jean Michel Vandamme.

« Ce qu’il faut comprendre, c’est que je ne suis pas prêt de galvauder des séances d’entraînement en moins pour gagner le match du week-end. Je peux leur demander à la fois de s’entraîner à six heures le matin du match et de gagner le match de l’après-midi. Le sport, le football de haut niveau, c’est dur, et il faut beaucoup travailler pour y arriver. »

Et puis, la victoire doit être au rendez-vous.

« Quand il y a un match de jeunes, je suis sur les côtés et je les harangue. Quand on rencontre Lens, il est impossible de ne pas les battre. J’ai vécu 45 ans de ma vie dans les derbies. »



L'AVENIR? DES ENTRAINEMENTS RENFORCES

« Il y a dorénavant 7 entraînements/semaine (U17/U19/N3) avec des séances de musculation et une individualisation de certaines séances. »

Avec le rajeunissement des effectifs, la priorité donnée aux U17, qui ont fini champions de leur groupe et en phase finale du championnat de France, les groupes U19 (d’Orlando Silvestri) et U16 (d’Alain Raguel) ont été quelque peu réduits.

Les meilleurs U19 sont passés dans le groupe PRO2 dans le cours de la saison tandis que Alain Raguel disposait parfois de moins de dix joueurs à l’entraînement, les meilleurs U16 passant dans le groupe U17.

Cette prochaine saison verra la mise en place de trois groupes d’entraînements, chacun encadré par un duo d’entraîneurs avec une coordination générale. On reviendra en détail sur cette nouvelle organisation lors de la reprise.

Ces trois groupes, « pro2 », « avenir », et « intégration », compteront chacun environ 25 joueurs, le premier groupe se dispatchera entre les matchs de la réserve et ceux des U19, le second disputera les matchs U19 et parfois U17. Enfin le groupe avenir, composé des plus jeunes, sera engagé en championnat U17 et U16.



L'AVENIR? DE GROS TALENTS EN DEVENIR

« Dans la génération 2005, il y a quelques joueurs qui se sont révélés à l’image d’un Leny Yoro, qui jouait en U16-U17 et qui a fini la saison en pro2, avec 15 minutes en pro », explique Jean Michel Vandamme.

« Ca va mieux. Mais il reste un gros chantier. Normalement, la saison prochaine, il y a deux joueurs formés au club qui devraient intégrer le groupe pro en la personne de Lucas Chevalier et Leny Yoro. Par la suite, deux ou trois devraient suivre pour la saison suivante. Après, d’autres jeunes continuent de se développer ».

Si Leny Yoro et Amine Messoussa ont signé pro, Todd Vromant et Baptiste Macon, stagiaires, d’autres devraient suivre et être annoncés dans les quelques semaines qui viennent.

 

Un grand merci à Jean Michel Vandamme pour sa disponibilité.

Propos recueillis par Stéphane HELBECQUE