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JM VANDAMME "Amener des joueurs en équipe professionnelle "


Nommé manager général du centre de formation il y a quelques mois, Jean Michel Vandamme, accompagné de son adjoint, Mathieu Frison, n’a pas tardé à se mettre au travail. Il nous expose ses idées, sa philosophie, confortées par son long parcours professionnel, pour redonner son lustre passé au centre de formation. L’interview.

 

 

 Un seul objectif : Amener des joueurs en équipe professionnelle

« Mon objectif n’est pas seulement de gagner des matchs mais de former des joueurs professionnels, d’amener des joueurs en équipe professionnelle. Il est aussi de faire du football le mieux possible, de développer les qualités individuelles du joueur. On ne peut pas demander aux dirigeants, aux investisseurs de l’argent, au président de l’argent pour ne rien ramener en pro comme cela a été le cas ces trois dernières années.  

Il faut d’abord travailler pour intéresser le coach des pros. On n’a, actuellement, pas assez de joueurs au niveau pour aller en National2. Alors, Olivier Létang a raison quand il dit qu’on n’a pas un joueur qui a la capacité de jouer en équipe professionnelle.   

Le LOSC doit montrer une belle image de ses équipes de jeunes à l’extérieur, c’est à dire d’une équipe qui sait bien faire mais dans laquelle il y a des joueurs qui progressent et qui seront amenés à jouer chez les professionnels. »      

 

 

 

L’état des lieux :Trop de contrats, des règles de fonctionnement pas adaptées  

« A mon arrivée, j’ai trouvé un centre de formation qui avait été géré par des gens qui connaissent le football. Je ne vais pas commencer à casser du bois sur le dos des autres sauf que pour moi, il y avait des fondamentaux, des règles qui sont indispensables et qui n’existaient plus, par exemple, des règles de discipline, de comportement, des valeurs. On a essayé de remettre en place certaines choses et certaines obligations, ce qui fait que je n’ai pas été très populaire au début. Si on rajoute de la rigueur, on perd de la popularité.

Il y a ensuite la gestion des effectifs. On s’est retrouvé avec des équipes relativement déséquilibrées, beaucoup trop de joueurs, beaucoup trop de contrats.  On a essayé de rééquilibrer durant le mercato. Cela a été dur. Certains joueurs auraient pu trouver des clubs. Mais ces clubs auraient du prendre en charge les salaires donnés par la précédente équipe dirigeante. Et cela devenait tout de suite plus compliqué. »  

 

 

L’individualisation de la formation

« J’ai basé et j’ai eu des résultats durant toutes ces années en travaillant sur l’individualisation de la formation. Cela veut dire, d’abord bien connaître ses joueurs. Un joueur qui est ou entre au LOSC, il passe dans ce que j’appelle mon scanner. Il est évalué selon divers critères. J’obtiens une évaluation technique, tactique, physique et mental. On lui demande aussi de s’auto-évaluer.

Le joueur a une ligne de temps en fonction de l’évaluation que l’on a faite. On lui tire un trait horizontal. Il est au point zéro au moment où l’on se parle et il doit aller vers un point X que l’on détermine ensemble en fonction de son potentiel intrinsèque. On a créé un play-book.

A mes côtés, il y a un coordinateur général de mettre le maximum de choses en adéquation entre le recrutement, le technique et l’accompagnement de vie des enfants, un facilitateur afin que les différents domaines soient harmonisés.  

Mon projet est basé sur l’humain. La clé de la réussite c’est le mental. Dans la mesure où ils sont jeunes, je dois aussi avoir une connaissance du cadre familial et environnemental. Et il y a un aspect plus intime dans l’accompagnement du joueur. Il faut le développer. C’est indispensable. On y réfléchit. »

 

 

 

L’individualisation dans le respect de l’intelligence collective

« Le foot se joue à 11. On doit développer le joueur dans ce cadre. Tout doit être fondu dans une intelligence collective.   C’est l’individualisation dans le respect de l’intelligence collective. Il y a naturellement du travail collectif et tactique. Il y a 7 séances hebdomadaires dont, au minimum, deux séances individualisées par semaine. On a remis en place le travail de musculation et de la VO2. c’est très important. 

Il y a une règle. Aucun n’est joueur n’est surclassé pour être sur le banc au niveau au dessus. Si le joueur est surclassé, il devra jouer au minimum 30 minutes. Si ce joueur débute deux week-end de suite sur le banc, il doit être titulaire au troisième match ou il redescend dans sa catégorie. Les joueurs sur lesquels on compte le plus doivent être sur le terrain, pas sur le banc, quelque soit le niveau où ils sont.  »

 

 

La compétition fait partie de la formation  

« Il ne faut pas confondre compétition et formation. La compétition fait partie de la formation. Mais c’est plus pour moi, un moment d’évaluation, que j’appelle l’interrogation écrite, qui permet de vérifier que tout ce qui a été travaillé la semaine est en capacité à se retranscrire en match.   Quelque soit l’équipe alignée, l’objectif est de gagner les matchs le week-end.   Gagner fait partie de l’apprentissage. Mais si tu ne gagnes pas, ce n’est pas la fin du monde si tu as développé tes gammes et que le joueur se développe, progresse. »

 

 

Régionaliser le recrutement  

« On a trop de joueurs. En réserve, ils sont 24 (et seulement 6 régionaux ndlr). Ils ne pourront pas tous jouer. L’objectif est de descendre à des groupes plus réduits, au tour de 18 éléments. Et s‘il manque des éléments, on va les chercher dans la catégorie d’âge inférieure.   L’essentiel du recrutement va se faire sur le Nord Pas de calais, les hauts de France, la Belgique, la région parisienne et les pôles espoirs. et au départ sur la métropole lilloise.   On ira chercher ailleurs ce qu’on n’a pas à la maison. »

 

Propos recueillis par Stéphane HELBECQUE